Vous êtes dans l'une de ces situations ?

"Je n'aime plus mon métier actuel mais je n'ai aucune idée ce que je veux faire"
"Je veux trouver une activité professionnelle qui a du sens et qui est vraiment faite pour moi"
"J'en ai assez de faire ce métier uniquement pour des raisons alimentaires"
"Je m'ennuie au travail, je veux me donner une chance de trouver un métier plus motivant"
"Après un épuisement professionnel, je veux trouver un métier où je m'épanouis"
"Je veux mieux équilibrer ma vie personnelle et professionnelle"
"J'aime mon métier, j'aimerais le faire à mon compte mais ça me fait peur"
"J'ai créé ma petite entreprise mais cela ne se passe pas comme je l'imaginais"
"Je veux connaître mon ikigaï"
"Je veux vraiment évoluer dans ma vie professionnelle"

Si vous avez répondu OUI à une de ces situations, alors vous êtes au bon endroit. Votre nouvelle vie professionnelle peut trouver un nouveau cap dès à présent !

Q

Le besoin d’intensité : espérez-vous autre chose qu’une vie tiède ?

Y a pas des soirs où t’as la tête qui tourne à vide dans ton lit toi ?T’as pas des rêves au galop dans la poitrine?Mais ils font quoi tes rêves?Ils piétinent?Ils marchent sur la pointe des pieds?Ils ont des chaussettes?
« Allez viens »,

Félix Radu

 « La vie ça brûle, et si ça brûle pas, c’est qu’tu vis pas. » Cette phrase, signée du comédien et auteur Félix Radu dans son texte Allez viens ! ( titre phare de son album Infini 3), résume l’espoir et l’obsession d’une partie de l’humanité : l’idée qu’une existence qui ne serait surprenante, renversante, exaltante, n’en est pas vraiment une. Certains traversent leurs journées comme on sirote une tisane tiède, satisfaits ou résignés du ronron ; d’autres ont besoin de sentir la flamme intérieure en eux, faute de quoi ils ont l’impression sourde d’être passés à côté de leur propre vie.

D’où vient cette faim d’intensité ?
Simple immaturité affective qui doit rester l’apanage de la jeunesse, blessure jamais cicatrisée à assumer comme un boulet émotionnel récurrent, ou l’une des formes les plus nobles du désir humain ?

Vivre « à vif » : de quoi parle-t-on au juste ?

Les personnes en quête d’intensité ne cherchent pas nécessairement l’adrénaline du saut à l’élastique (même si certaines, effectivement, adorent ça). Ce qu’elles recherchent, plus profondément, c’est la sensation d’être pleinement présentes à leur propre existence : un amour qui bouleverse, une conversation qui dure jusqu’à l’aube, une décision qui engage tout l’être plutôt qu’un simple ajustement d’agenda.

Elles pourraient préfèrer l’orage au ciel dégagé, tant l’orage a au moins le mérite de prouver qu’il se passe quelque chose. Le quotidien lisse et administré (le fameux métro, boulot, dodo) leur pèse comme une camisole : elles ne détestent pas la routine par caprice, elles la vivent comme une forme d’anesthésie.

Un besoin typiquement humain, avant d’être une exception

Inutile de pathologiser ce besoin, il faut se souvenir qu’il n’a rien d’exotique. Blaise Pascal l’avait déjà diagnostiqué au XVIIe siècle, avec la lucidité un peu cruelle qu’on lui connaît :

« Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre » (Pensées).

Pour Pascal, l’être humain fuit sa propre finitude à travers le divertissement (au sens fort : ce qui détourne de soi), précisément parce que le silence et l’immobilité le renvoient à l’angoisse de sa condition. Chasser, jouer, séduire, guerroyer : tout cela n’est qu’une manière élégante de ne pas penser à la mort. Le besoin d’intensité serait donc une caractéristique de la condition humaine tout entière, et non l’apanage de quelques tempéraments exaltés. Certains, simplement, la ressentent avec une acuité que d’autres n’éprouvent que tard dans leur vie ou très rarement, un soir de crise existentielle.

D’où vient cette soif d’intensité intérieure ?

La psychologie contemporaine propose plusieurs clés de lecture, qui ne s’excluent pas.

La première vient du psychologue américain Marvin Zuckerman et de sa théorie du sensation seeking (la recherche de sensations). Chaque individu possède, selon lui, un niveau optimal d’activation physiologique en deçà duquel il s’ennuie et au-delà duquel il panique. Les grands chercheurs de sensations ont simplement ce curseur réglé plus haut que la moyenne : il leur faut davantage de nouveauté, de risque et de stimulation pour se sentir vivants, faute de quoi le quotidien leur paraît fade. Cette disposition aurait une composante génétique et neurobiologique, liée à la régulation de la dopamine, messager du cerveau associé à la récompense.

La seconde clé regarde du côté de l’hypersensibilité. Les travaux de la psychologue Elaine Aron sur les personnes à haute sensibilité (les fameux « zèbres », popularisés en France par Jeanne Siaud-Facchin) décrivent des individus dont le système nerveux traite les stimuli avec une profondeur inhabituelle. Pour eux, une émotion moyenne est déjà une vague remarquable ; ils n’ont pas besoin de chercher l’extrême, il le ressente juste un peu plus vite que les autres. Leur besoin d’intensité n’est alors pas un manque à combler mais un trop-plein à canaliser.

Je pense aussi à Alexandre Jardin, il incarne bien cette envolée de vie : cette décision de laisser la vie entrer notre vie et le bonheur comme arme pacifiste et contre-pied à une vie d’emmerdements.

La troisième piste, plus délicate, touche à la blessure. En se référant à la théorie de l’attachement, un enfant dont les émotions ont été peu reconnues, ou dont l’affection parentale n’est venue que par intermittence, peut associer inconsciemment l’intensité à la preuve d’amour. Devenu adulte, il recherchera le tumulte, la rupture, l’imprévu, non par goût de l’aventure mais parce que le calme, chez lui, résonne comme de l’abandon. Freud parlait à ce sujet de compulsion de répétition : on rejoue, sans le savoir, le scénario le plus familier, même s’il fait mal, simplement parce qu’il est familier.
C’est l’histoire d’Antoine qui ne supporte pas le calme d’une relation apaisée, qui provoque la tempête chaque fois que la mer se fait trop plate. Ce n’est pas de l’immaturité, chez lui. C’est une blessure qui a emprunté le costume de la passion pour ne pas se faire remarquer.

Blessure, Immaturité ou élan vital ?

C’est ici que la philosophie affine ce que la psychologie esquisse.

  • Pour Søren Kierkegaard,  la quête frénétique de sensations n’est pas un signe de vitalité mais son exact contraire : une fuite en avant qui masque le vide. Vue sous cet angle, le besoin compulsif d’intensité peut effectivement être une immaturité, au sens où il refuse l’engagement et la construction patiente d’un sens.

    C’est l’histoire de Nora, qui recommence tout, si souvent : nouvelle ville, nouvel amour, nouveau projet, avant même que le précédent ait eu le temps de tenir debout sur ses jambes. Elle appelle ça vivre. Mais si on la regarde de plus près, on voit surtout quelqu’un qui court et qui ne s’arrête jamais assez longtemps pour vérifier ce qu’il y a derrière la course. Kierkegaard, qui connaissait bien ce genre d’âmes affamées de nouveauté, y voyait moins une soif de vivre qu’une peur du silence : cette peur de découvrir, une fois l’agitation retombée, qu’il n’y a peut-être personne chez soi pour l’accueillir.
     
  • Nietzsche renverse la perspective. Pour lui, l’intensité n’est pas une fuite : c’est l’affirmation la plus haute de la vie.

« Croyez-moi !
Le secret pour récolter de l’existence la plus grande fécondité et la plus grande jouissance, c’est de vivre dangereusement ! » écrit-il dans Le Gai Savoir (§283).

Vivre dangereusement ne signifie pas multiplier les frissons, mais refuser la petitesse et le renoncement à ses propres désirs : c’est l’amor fati, l’amour du destin tel qu’il vient, avec ses tempêtes.

C’est l’histoire de celle ou celui qui ne fuit rien du tout, qui n’a rien à réparer, et qui choisit le vertige simplement parce qu’une vie qui ne tremble jamais lui semble un gâchis. Nietzsche appelait cela vivre dangereusement. Camus préférait vivre le plus, plutôt que vivre le mieux. Chez eux, aucune fuite, aucune plaie : un oui pur à l’existence, qui vient du ventre plutôt que de la tête.

La vérité, sans doute, se loge au milieu de tout cela : la blessure, l’immaturité et l’élan vital ne s’excluent pas, ils cohabitent souvent chez la même personne. Ce qui distingue l’un de l’autre, ce n’est pas l’intensité recherchée, mais ce qu’elle sert.

Fuit-on quelque chose, ou va-t-on vers quelque chose ?

Assouvir cette faim sans s’y perdre : de l’intensité horizontale à l’intensité verticale

Voici une nuance utile pour qui reconnaît ce besoin d’intensité en lui :

On peut distinguer une intensité horizontale (accumuler les expériences, les rencontres, les ruptures et les projets, dans une fuite en avant qui ne laisse jamais le temps de digérer les choses), d’une intensité verticale (aller plus profond dans une expérience, une relation, une œuvre, plutôt que plus loin). La première épuise et laisse un goût de cendre ; la seconde nourrit durablement.

Concrètement, cela veut dire canaliser cette énergie dans la création plutôt que dans la seule consommation d’expériences (écrire, peindre, se battre pour une cause, s’engager en amour avec constance plutôt qu’en collectionnant les débuts, toujours plus grisants que les suites, on ne va pas se mentir), et choisir des activités qui exigent une présence corporelle totale (danse, escalade, voile, nature sauvage) plutôt que les stimulations artificielles comme celles des écrans, qui donnent l’illusion de l’intensité en laissant exactement le même vide qu’avant, en pire.

La créativité, le mouvement du corps, le désir ou la connexion à la nature sont les multiples entrées d’une vie éperdument vivante !

Passer à l’action, concrètement

La théorie ne suffit jamais à la personne qui étouffe un dimanche après-midi ou un soir de semaine. Voici trois leviers concrets pour tenir la barre d’une vie épanouie :

  • D’abord, repérer les moments où l’on se sent réellement vivant(e) (et non simplement excité(e)) : ils ont souvent moins à voir avec le chaos qu’avec l’engagement total dans une chose précise.
  • Ensuite, transformer un désir vague (« j’ai besoin de plus dans ma vie ») en un projet daté et concret : un voyage préparé plutôt que fantasmé, un livre commencé plutôt qu’imaginé, une conversation difficile enfin tenue plutôt qu’évitée depuis trois ans.
  • Enfin, accepter de traverser l’inconfort du début : la plupart des vies qui brûlent vraiment ont commencé par un premier pas terriblement ordinaire.

Ne plus avoir l’impression de rater sa vie quand rien n’est assez intense

C’est peut-être là que se joue l’essentiel. Le piège, pour les âmes intenses, n’est pas de manquer d’occasions de vivre fort : c’est de ne plus savoir reconnaître l’intensité sous une forme discrète. Un enfant qui s’endort dans vos bras, un ami qui vous dit une vérité que personne d’autre n’ose dire, la lumière d’un soir d’octobre sur l’océan : voilà, souvent, où se cache la véritable brûlure.

L’intensité n’est pas affaire de décibels, elle est affaire d’attention. C’est là que la sagesse antique rejoint étrangement Nietzsche : la présence totale à l’instant (ce que les Grecs appelaient vivre selon le kairos, l’instant qualitatif, plutôt que selon le chronos, le temps qui s’écoule) suffit souvent à combler ce que le tumulte cherchait en vain à combler par la quantité.

Avoir besoin d’intensité n’est donc ni une tare ni un supplément d’âme automatique. C’est un tempérament, parfois une blessure, souvent les deux à la fois, et toujours une invitation à se demander non pas « comment sentir plus fort ? » mais « à quoi ai-je envie de me donner, corps et âme, cette fois-ci ? ».

La vie brûle, disait Félix Radu. Reste à choisir, avec un peu de discernement, un zeste de folie et beaucoup d’élégance, ce qu’on met au bûcher.

J’accompagne les personnes qui se questionnent sur leur milieu de vie, à concrétiser ce qui les anime dans leur vie professionnelle ou post-professionnelle. J’ai une tendresse particulière pour les âmes intenses qui veulent toucher le bonheur de tout leur corps, pas juste du bout du doigt ou par procuration, comme des spectateurs de la vie des autres. Ce qui vit en vous n’attend que vous. Ce que vous êtes n’est pas à changer mais à découvrir, à exprimer, à réaliser.

On ne canalise pas facilement seul(e) un feu comme celui là. Non pas que vous n’en seriez pas capable, seulement une flamme qui bénéficie d’un regard extérieur deviendra plus aisément une trajectoire plutôt qu’un incendie ou qu’un tas de cendres. C’est très exactement ce que je vous propose : un espace où votre intensité cesse d’être un problème à éteindre, et redevient la matière première brute de votre prochaine vie professionnelle.

Merci infiniment à un capitaine breton voyageur, une âme intense, qui a inspiré cet article grâce à ces références ci-dessous :
Ose encore et encore faire vivre ce qui vient du fond de ton océan intérieur !

Références :

Félix Radu : https://felixradu.com/
Alexandre Jardin, à la Grande Librairie : https://www.facebook.com/watch/?v=866112106183506

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Séance Ressources | 1h30

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